La Veuve Vierge qui acheta un esclave reproducteur pour deux dollars dans le Mississippi

Car, hors des champs paisibles et du ciel qui s’assombrissait, des hommes puissants entendaient déjà des rumeurs sur ce que la veuve vierge avait fait cet après-midi-là.

Et certains de ces hommes n’étaient pas du tout contents.

En fait, au moment où la nuit tombait complètement sur la vallée du Mississippi, un petit groupe de propriétaires terriens en colère avait déjà commencé à se rassembler dans une taverne voisine.

Ils chuchotaient à propos de la veuve, de l’homme qu’elle avait acheté et de la possibilité que son étrange décision menace le fragile ordre qui, selon eux, leur appartenait encore.

Ce qu’ils décidèrent lors de cette réunion secrète allait bientôt précipiter la paisible ville de Willow Bend vers une confrontation que personne ne pourrait empêcher.

Ni Mabel ni Isaïe ne comprenaient encore à quel point les jours à venir allaient être dangereux.

Le matin est arrivé lentement sur Willowbend.

La pâle lumière du soleil du Mississippi se levant doucement sur les champs de coton encore enveloppés d’une douce brume.

Isaïe se réveilla tôt, bien avant que le reste de la ville ne se mette en mouvement.

Des années de vie difficile avaient habitué son corps à se lever avant l’aube, qu’il le veuille ou non.

Pendant quelques secondes de silence, il resta immobile, fixant le plafond en bois au-dessus de lui, essayant de se rappeler où il était.

Alors, tous les souvenirs de la veille revinrent d’un coup : la place du marché, la foule qui le dévisageait, les deux pièces d’argent et la mystérieuse jeune veuve qui l’avait acheté et amené dans cette maison de plantation silencieuse.

Isaïe se redressa lentement sur le petit lit de la chambre que Mel lui avait attribuée.

La chambre était simple mais propre.

Une chaise en bois se trouvait près de la fenêtre, et une couverture pliée reposait au pied du lit.

Pas de chaînes, pas de porte verrouillée, pas de gardes.

La liberté de ce moment semblait presque irréelle.

Par la fenêtre ouverte, il entendait au loin le chant des oiseaux et le doux bruissement des feuilles dans la brise matinale.

Pour un homme qui avait passé la plus grande partie de sa vie sous l’emprise d’autrui, le calme de ce matin-là lui paraissait étrange, presque suspect.